Les débuts de la téléconsultation : tous les avantages de consulter un docteur en ligne

La téléconsultation contribue fortement à l’amélioration du système global de santé en facilitant l’accès aux soins à tous les Français. Concrètement, il s’agit d’une pratique médicale à distance, faisant appel à plusieurs technologies de communication et d’information. L’état accélère son développement en assurant son remboursement complet par l’assurance maladie et les complémentaires de santé.

Par la rédaction

La téléconsultation : une démarche similaire à la consultation classique

Petite révolution dans le domaine de la santé : la téléconsultation est désormais remboursable par l’assurance maladie ainsi que les complémentaires santé. En effet, depuis le 15 septembre 2019, les conditions de remboursement sont identiques à celles d’une consultation médicale classique en cabinet. Bien que la téléconsultation ne dure que quelques minutes, elle coûte exactement le même prix qu’une consultation classique, à savoir 25 € pour un généraliste et 35 € pour un spécialiste.

Néanmoins, afin d’être remboursé de la même manière que pour la consultation classique, il faudra d’abord d’avoir été orienté par son médecin traitant. De plus, pour que le parcours de soin soit respecté et que vous puissiez prétendre à un remboursement, il faut que vous ayez vu physiquement le médecin téléconsultant au cours des 12 derniers mois, sauf en cas d’urgence ou pour certaines spécialités comme la gynécologie ou l’ophtalmologie pour lesquelles la téléconsultation peut se faire directement.


De ce fait, le médecin traitant reste l’élément central dans le processus de téléconsultation. En effet, le médecin orientera les patients potentiellement éligibles à la téléconsultation vers ce nouveau mode de consultation. Il peut s’agir par exemple du partage de résultats d’analyses faites en amont de la téléconsultation, pour un renouvellement d’ordonnance auprès du médecin, etc. De ce fait, tout le monde ne pourra malheureusement prétendre à ce service puisque dans certains cas, la téléconsultation sera tout bonnement incompatible. Cela concerne donc l’ensemble des cas, où l’auscultation, la palpation ou autres manipulations seront nécessaires à la bonne conduite de la consultation. C’est pourquoi la téléconsultation représente avant tout un complément d’une consultation classique en cabinet médical.

Un service qui tend à se généraliser malgré quelques points sensibles

Il existe aujourd’hui une dizaine de plateformes qui proposent de consulter un docteur en ligne, ou plus généralement de jouer les interfaces entre le personnel de santé et les patients. Les étapes à réaliser sont les suivantes :

  1. Créer un compte à l’aide d’une adresse mail ou d’un numéro de téléphone.

  2. Une fois les coordonnées renseignées (identité, numéro de sécurité sociale, etc.), il ast alors possible de prendre rendez-vous avec un médecin.

  3. Par la suite, à l’heure du rendez-vous préalablement fixé, le médecin envoie un lien au patient, pour l’inviter à se connecter sur un ordinateur ou sur un smartphone.

  4. Le jour du rendez-vous, le patient se connectera sur la plateforme. Il entre ensuite dans la salle d’attente virtuelle et le médecin prendra le relais après quelques minutes d’attente.


Technologiquement parlant, la téléconsultation exige une connexion Internet stable ainsi qu’un appareil connecté et équipé d’une caméra frontale. Il peut s’agir d’un smartphone, une tablette tactile, un ordinateur fixe ou encore un ordinateur portable. En effet, pour que le médecin et le patient puissent faire une téléconsultation il faut qu’ils soient reliés visuellement. Il faut donc un système de visiophonie, ou du moins un simple système tel que WhatsApp, FaceTime ou Skype afin de pouvoir avoir accès aux soins à distance. Seulement, cela pose un problème pour l’assurance maladie qui admet les solutions généralisées telles que Skype, Whatsapp ou FaceTime, mais les considère comme peu fiable pour la transmission de documents médicaux. Il est donc primordial de disposer d’une messagerie sécurisée.


Néanmoins, malgré la messagerie instantanée, la question de l’impression de l’ordonnance pose un problème. En effet, il est difficile de s’assurer de l’impression en 1 exemplaire unique du document et donc d’écarter le risque de fraude. La question n’est pour l’heure toujours pas résolue, et différentes solutions existent telles que l’envoi par courrier au domicile du patient, la mise à disposition au secrétariat, etc. Mais l’ensemble de ces solutions vont contre la raison d’être de la téléconsultation, à savoir accélérer le processus de consultation médicale.


De surcroît, la télétransmission des feuilles de soins est pour l’heure peu efficace puisqu’elle peut se faire de deux manières :

  • soit la feuille de soin sera envoyée au patient par courrier pour qu’il l’envoie de son côté à sa caisse primaire d’assurance maladie,

  • soit elle sera transmise sans la carte vitale.


C’est pourquoi de nouveaux acteurs ont vu le jour à l’exemple de Directodoc, Qare, etc. Celles-ci se sont spécialisées dans la téléconsultation en dehors du parcours de soins classique. Elles disposent d’une solution de messagerie sécurisée intégrée et d’impression sécurisée de l’ordonnance. Cependant, ce service a un coût qui sera amorti seulement en partie par l’assurance maladie.

Un processus simplifié qui plaît aux patient

Un arrêt maladie en un clic !

Le passage de la santé dans l’ère du digital ne se fait pas heurs : début 2020, le site arrêtmaladie. fr a provoqué de vives réactions : l’ordre des médecins et la ministre de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn sont montés au créneau pour obtenir sa fermeture.

Ce genre de consultation représente d’une part une certaine facilité puisque le patient n’a plus besoin de se déplacer pour voir un médecin. La formule est donc idéale, notamment si le patient a quelques problèmes pour se déplacer. Cela permet également au consultant d’éviter les salles d’attente perçues comme pénibles puisqu’elles sont souvent bondées.


Dans l’ensemble, la téléconsultation séduit les premiers patients. Ce fut le cas de Caroline Despoisse qui déclare à la suite de sa première téléconsultation que celle-ci fut « super pratique » puisque celle-ci ne nécessite « pas de déplacement, et les ordonnances sont reçues sur l’interface » directement : il suffit juste de les imprimer. Caroline fut donc ravie de sa première téléconsultation qu’elle juge « au top », entre « gain de temps, de déplacement » d’autant plus que la consultation fut remboursée « comme en cabinet ».

Le concept est top, mais éloigné d’un vrai rendez-vous chez un praticien.

Ainsi, le caractère pratique de la démarche est le premier élément soulevé par la quasi-majorité des patients. Cependant, la téléconsultation ne fait pas toujours l’unanimité à l’exemple de Wilfried Thiant qui juge que « le concept est top, mais éloigné d’un vrai rendez-vous chez un praticien ».
En somme, la téléconsultation est avant tout un complément d’une consultation classique et ne vise pas à la remplacer totalement. Dans certains cas, celle-ci peut être très pratique à l’exemple des dermatologues pour lesquels le délai d’attente est parfois non raisonnable, à cause notamment d’une pénurie évidente. La téléconsultation permet donc d’accélérer le délai en proposant un professionnel de santé plus rapidement. Nous en sommes pour l’heure à ses tout débuts puisqu’en France, la téléconsultation n’a été réalisée que pour quelques milliers de patients cette année, contre près de 300 millions de consultations en cabinet. Le fait de voir un professionnel en physique rassure les patients. Le chemin est donc encore long avant de voir la téléconsultation comme une alternative généralisée à la consultation classique.